Les Gardiens de la Galaxie / James Gunn / 2014

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Reconnaissons le, les super-héros soûlent tout le monde. Même les studios, avides d’argent, de pouvoir et de femmes, en ont marre.

Voilà presque deux décennies que nos fringants amis au collant fluo se la pètent à nos dépens. En conflit permanent avec une ribambelle de méchants au collant noir. Sous prétexte que l’un veut détruire le monde (quelle idée), ou encore réduire l’humanité en esclavage (déjà fait!)… Certains veulent tranquillement vivre jusqu’au bout leur philosophie nihiliste en foutant un maximum de bordel, dans une ambiance de franche rigolade. Mais non, nos justiciers moralisateurs les en empêchent systématiquement, avec la force de leur conviction frôlant parfois l’idéologie écolo-fasciste en vogue depuis l’accès au pouvoir d’Eva Joly en 2012.

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Excusez-moi, je science-fictionne. Mais de peu. Il faut garder un solide sens de l’humour pour se coltiner le sérieux mortifère des justiciers auto-proclamés. Rappelons qu’aucun super-héro n’a jusque là été élu au suffrage universel, ce qui nous permet de les accuser, tous autant qu’ils sont, d’usurpation de pouvoir, haute trahison, et en route pour le gibet. Leurs bas colorés se balanceront joliment, et la revente de leurs joujous high-tech pourraient, au choix, financer le pinard de la moitié des clochards des Etats-Unis ou encore donner un petit coup de pouce à l’UMP, dont la qualité des meetings baisse tristement ces derniers temps, faute de cash.

On rigole, on rigole, mais le énième film de super-héros de l’année 2014 a bien failli être celui de trop. Évoquer le mot Disney sera sans doute suffisant pour vous faire comprendre l’ampleur du problème. La firme responsable de l’infâme Tron l’Héritage tout autant que des Jonas Brothers avait fort à faire en distribuant la licence relativement méconnue des Gardiens de la Galaxie. Clairement, le bestiaire Marvel est un joyeux fourre-tout, le marché du soleil des super-pouvoirs. De l’homme-araignée tissant ses toiles à base de jus d’amour, au dieu nordique pas foutu d’emballer Nathalie Portman, on s’y perd, juste avant de s’en désintéresser totalement.

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Mettons les choses sur le tapis (façon de parler): le raton-laveur souffre d’un inquiétant déséquilibre mental, et il a un lance-roquette. C’est bon? Comprenez l’inquiétude du cinéphile qui sort bravement du dernier Lars Von Trier, encore tout engourdi de philosophie et d’ennui… Il se demande si il va oser, le choc à prévoir pouvant se comparer à un trois tonnes cinq à pleine vitesse dans la gueule, ou une bonne baffe de l’ami Hulk, le chewing-gum mentholé de 250 kilos légèrement soupe-au-lait. C’est les mains tremblantes que le cinéphile lance le film, en se promettant d’arrêter à la première blague vaseuse pour gamin américain chargé au coca et à la bouffe pré-chiée.

Et là… Une introduction intéressante. Un enfant confronté à la mort de sa mère (comme dans Bambi), des adieux manqués, un désespoir magnifié par une rupture SF inattendue et impressionnante… Un héro cool, badass et juste stupide ce qu’il faut pour être attachant. Un raton-laveur effectivement cradingue et sur le fil du rasoir, un arbre peace-and-love… Et quand le cinéphile reconnait Michael Rooker, bleui mais à l’accent texan intact, son coeur fleurit. Le mec d’Henry, portrait d’un serial-killer. Le Merle de Walking Dead. Dans un Disney.

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Ça nous apprendra, avec nos préjugés. Le cinéphile s’éclate comme un petit fou, les gosses ne comprennent pas tout, on se surprend même à attendre une suite. Les Gardiens de la Galaxie surpasse en humour, en qualité visuelle et en rythme tous les Avengers et autres X-Men, quitte à les démoder, d’autant que quitter New-York pour un peu de space-opera aidera beaucoup d’entre nous à patienter plus facilement avant la foirade Star Wars  7.

Du coup, merci Disney. Même si ça tient toujours pour la pendaison des Jonas.

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