Night Call / Dan Gilroy / 2014

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Jake Gyllenhaal, cet effronté.

Non content de servir d’objet de fantasme masturbatoire à Xavier Dolan, il semble que le ténébreux ne recule devant rien. Enchainant sans souciller les grasses productions Disney (Prince of Persia) avec les films indés les plus obscurs (Enemy), Jake montre une constance sans faille, tantôt barbu, tantôt bodybuildé mais toujours équipé d’un regard de chien battu à en faire pâlir de jalousie Daniel « ma femme est morte d’un cancer et c’est moi qui ai dû l’achever » Craig.

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Jake Gyllenhaal circonspect

Soyons aussi clairs que le regard dudit James Bond au rabais: Gyllenhaal sauve Night Call d’une somme considérable d’écueils. Car le film est décevant, pour peu qu’on en ait attendu quoi que ce soit. Passons sur l’opération de communication manifestement ratée (Le film fait un four dans les salles). On nous a vendu du Drive, sous-entendu de la poursuite en voiture dans un Los Angeles crépusculaire, un héro bien de droite, de la violence à la cagette… Bonne nouvelle, tout est là! Problème: on a déjà vu le film. Deuxième problème: tout s’enchaine de manière désespérément prévisible, sans qu’à aucun moment une quelconque surprise ne vienne nous tirer de ce calvaire.

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Jake Gyllenhaal dubitatif

C’est qu’elle est noble et courageuse cette volonté de dénoncer la méchante presse à gros cul, ne reculant devant rien pour livrer au peuple sa dose de faits divers sordides. Et nous de plisser du nez devant ce qui justement n’apparaissait jamais dans Drive, soit le discours moralisateur sous-jacent. Vous me direz, sans scénario, ça ne risquait rien. Tout ici pue la haine du peuple, dans cette propension à vouloir lui ôter un pain nauséabond de la bouche: oui le peuple veut du sang, oui la ménagère veut pouvoir se dire que ça n’arrive qu’aux autres. Qui sont ils ces gardiens de l’élitisme moral, eux même assez cyniques pour dénoncer la violence des images tout en en faisant un fond de commerce.

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Jake Gyllenhaal agacé

Mais peut être est-ce leur accorder trop de crédit. Restons sur l’image marquante d’un Gyllenhaal famélique au regard enfiévré, piégé dans une ville tentaculaire ou tout le monde bouffe tout le monde, se découvrant lui-même au-delà de l’humain. Sa fièvre le porte vers le pire comme une hyène sous acide dans un voyage au bout de la nuit californienne au dénouement glacial.

Célébrons donc Jake Gyllenhaal, qui n’en finit pas de rendre potable des films de merde. Et Xavier Dolan, qui pour sa part n’a pas fini de se branler.

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Jake Gyllenhaal facétieux

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4 Commentaires

  1. Ju

    Qu’est ce qu’il est dubitatif.

  2. C’est sévère comme critique mais bon le non politiquement correct ça fait du bien aussi. Je l’ai vu. J’ai pas trouvé que c’était une bouse mais je suis restée sur ma faim. En fait, le personnage semble artificiel tellement il est noir.

    • En effet, malgré la performance de Gyllenhall, je suis aussi resté sur ma faim… Je te rejoins sur la caractérisation du personnage principal, pas assez poussée. Sans compter sur l’aspect très opportuniste post-drive de la promo. Merrrrci pour le commentaire en tout cas et bonne continuation sur wordpress!

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